Véronique Durieux

Exposition « Tout conte fait »

du 18 au 27 novembre 2021

au 36.6

Chaque année, au mois de novembre, Véronique Durieux nous présente ses travaux récents.

 

En 2020, Véronique Durieux avait exposé un ensemble d’œuvres constituées à partir de matériaux disparates, amassés dans son atelier : vieux vêtements, gants de sa grand-mère, rideaux et tapis ayant appartenu à son arrière-grand-mère, autant de reliques support à un travail de mémoire, hommages à des aïeux engloutis dans l’horreur de la shoah.

L’artiste avait intitulé cette exposition « La queue de la comète », incarnant en quelque sorte la fin d’une étape de création, avec comme point d’orgue le souvenir de son grand-oncle : une image de son bateau, le « Black Swann », magnifique gréement qui a accompagné l’enfance de l’artiste, évoquait ici la possibilité d’un nouveau départ.

 

Le millésime 2021, « Tout conte fait », loin de concrétiser un départ vers d’autres contrées, d’autres techniques, d’autres péripéties, s’inscrit dans le sillage de la comète dont les scintillements, décidément, n’en finissent pas de nous éblouir. On s’attendait à un retour à la peinture alors que les œuvres textiles constituent à nouveau le cœur de l’exposition.

Véronique Durieux poursuit un travail où rêves et souvenirs narrés s’entremêlent.

Les thèmes récurrents de l’artiste (les femmes montagne, la mariée…) sont à nouveau au rendez-vous, en résonnance avec des œuvres anciennes. Aux sculptures en terre (« De la femme qui rêve à celle qui attend »),  aux peintures (« Femme au clair de lune »), produites il y a plus de vingt ans,  répondent ces assemblages poétiques où photos très agrandies et reportées sur papier, fragments textiles, tissus, laines et dentelles, organisent un canevas narratif, cousu/décousu.

Le Black Swann est toujours présent, à travers des assiettes anciennes retravaillées, donnant la part belle au thème de la mer.

Une ancienne photo de famille, « Mère et filles », reste également un élément clé du processus de mémoire.

Mais cette exposition se distingue de la précédente par sa palette, ces touches de jaune, feux d’un soleil porteur de joie et de rires. Comme l’écrit Véronique Durieux dans un texte poétique qui accompagne l’exposition, il s’agit de sortir du noir, de la nuit, au mépris du désespoir. Les larmes se font gouttes de lumière.

Sous réserve d’inventaire, avec cette nouvelle exposition, inlassablement, l’artiste nous conte et nos raconte ses rêves, ses souvenirs, ses désirs.

En métamorphose constante, telle l’éclosion d’une chrysalide, la comète n’en finit pas de nous éblouir.

 

Thierry Blanchon